Le composteur, l’allié du jardin et de la maison

Les avantages d’un compost

Faire un geste pour l’environnement et faire des économies, voilà qui devrait être les deux arguments les plus convaincants pour l’acquisition d’un composteur chez soi.

Lorsqu’on commence à évoluer vers un mode de vie plus écologique, cela fait souvent partie des premières étapes de cette réflexion.
Cette solution est accessible même pour les plus novices en jardinage.

Pour les ménages qui le peuvent, c’est un très bon geste, car comme l’indique Zero Waste France :
« Incinérer des biodéchets est un non-sens. Les biodéchets étant majoritairement composés d’eau, leur incinération consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit. De plus, l’incinération contribue au changement climatique : pour chaque tonne de déchets incinérée, c’est au moins une tonne de CO₂ émise. »

L’enjeu est donc d’éviter au maximum un remplissage inutile du bac gris et donc de réduire la quantité d’ordures ménagères (ce qui vous coûtera moins cher et sera rentabilisé dès la première année d’application) !
De quoi faire durer plus longtemps vos sacs poubelles, recycler naturellement vos déchets alimentaires et diminuer la pollution olfactive dans votre cuisine, en particulier l’été.

L’une des idées reçues est qu’un compost, ça sent mauvais. Détrompez-vous !

Bien entretenu, il ne dégage aucune odeur désagréable et doit sentir le sous-bois. Si au contraire, il commence à être odorant, c’est que vous ne vous en êtes pas bien occupé et qu’il y a un manque d’air et un déséquilibre entre matière sèche et matière humide.
Bien qu’un composteur ne requière pas beaucoup d’entretien, il faut tout de même veiller à l’aérer en plusieurs points et à l’humidifier au minimum une fois par semaine, pour permettre une décomposition plus optimale.

Crédit photo © Cornell Fruhauf
Crédit photo © Thomas Denos
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Cet environnement riche en nutriments créé le milieu de vie idéal pour une multitude d’êtres vivants : des micro-organismes comme les champignons, algues et bactéries, suivis d’un cortège d’arthropodes ; collemboles et autres larves de papillon, sans oublier bien sûr les lombrics, les escargots et les cloportes. Tous assurent la transformation de la matière organique.
Le « produit » final donne un engrais 100 % naturel et très nutritif pour les plantes, une aubaine également pour la faune de passage dans votre jardin : hérissons, oiseaux, orvets et amphibiens sont au rendez-vous !

Comme quoi, sans chimie : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Attention cependant à bien choisir votre composteur !

Crédit photo © Trish walker

Bien que moins cher, un bac en plastique aura tendance à se désagréger dans le temps, avec le soleil et les intempéries ; il risque alors de s’abîmer et relâchera des microplastiques dans l’environnement.
On préférera donc un composteur en bois, qui peut être trouvé à peine plus cher que son homologue, parfois fabriqué artisanalement non loin de chez vous.

Si vous êtes un tant soit peu bricolo et que vous souhaitez également faire un geste supplémentaire pour la nature, vous pouvez opter pour une fabrication maison en faisant du surcyclage*, à l’aide de palettes ou de chutes de bois par exemple (ce qui est également un bon geste pour la nature).
Ou bien encore en utilisant les matériaux disponibles sur votre terrain, en se basant sur des techniques similaires aux clôtures tressées ; ce qui ne vous demandera aucun investissement, si ce n’est un peu de temps et de patience.

Combiner l’économique à l’écologique, voilà la promesse d’un composteur.

― Toutefois, en avoir un n’est pas une excuse pour faire plus de gaspillage et ne vous épargne pas de finir vos restes ou de planifier vos courses en fonction de vos besoins.
Car jeter un aliment non consommé, c’est tout autant de ressources gâchées pour le produire.
Côté cuisine, beaucoup d’épluchures s’avèrent comestibles, délicieuses et très utiles pour réaliser des recettes antigaspi économiques (l’un des meilleurs exemples : le bouillon de légumes maison ou les chips de pelures).

J’habite en ville et je n’ai pas de jardin

Crédit photo © Comprendre le Vivant

Contrairement aux idées reçues, même les zones urbaines peuvent bénéficier de ce dispositif !

Il faut alors se tourner vers un composteur de quartier, qui est un compostage collectif à disposition des habitants, souvent constitué de plusieurs bacs différents pour séparer les matières organiques et leurs différents stades de décomposition (bac d’apport, bac de structurant pour les matières sèches, bac de maturation). L’équivalent existe aussi en zones rurales, appelé aire de compostage partagé.

Si la démarche vous intéresse et que votre collectivité ne dispose pas encore de composteurs de quartier, il est possible d’interpeller vos élus locaux afin de leur proposer l’idée ; qui, d’ailleurs, selon les espaces disponibles, peut être couplé à la création d’un jardin communautaire.

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à recueillir l’avis de vos voisins et/ou citoyens de la commune afin d’appuyer votre demande.

Crédit photo © Eric Bie

* (en anglais « upcycling ») l’action de recycler des matériaux ou des objets considérés comme inutilisables, dans le but de leur donner une seconde vie en les transformant en produits de qualité supérieure, souvent détournés de leur usage d’origine.