– Silencieux, invisibles, oubliés –
Ils se sont endormis seuls, loin de leurs congénères, dans l’indifférence la plus totale.
Ni regards, ni larmes, pas même un au revoir.
Aucune chance de survie, aucunes émotions humaines pour leur rendre hommage, si ce n’est les miennes.
Je ne les ai pas connus de son vivant, mais ces rencontres tragique avec cette chevrette, cette mésange bleue, resteront gravées dans ma mémoire.
Comme celles de nombreuses autres victimes ayant subi le même sort ; ce même sentiment de tristesse, de haine, d’incompréhension me traverse à chaque fois, car elles ne sont pas les seules.


Oui, il est vrai, la nature n’a pas vraiment besoin de nous. Mais nous avons indéniablement besoin d’elle.
Pourtant, nos routes, nos infrastructures, influencent la vie de nombreux êtres vivants, au point parfois de la leur retirer. Tantôt inévitable, tantôt le résultat de comportements dangereux et insouciants.
Si cette fin si brutale n’est pas d’origine naturelle, elle est pourtant bien courante et s’additionne aux nombreux dangers qui menacent quotidiennement la faune sauvage, du plus petit insecte au plus grand mammifère.
Car contrairement à ce que l’on pourrait penser : ce ne sont pas les animaux qui traversent nos routes, mais nous qui traversons leur territoire.
Leur mode de déplacement existait bien avant les premiers chemins aménagés, bien avant les premiers pavements et bien avant les premières routes goudronnées.
Les dangers ne s’appliquent pas qu’aux routes déjà existantes, mais aussi aux nombreuses autoroutes, rues et déviations en construction ou à l’état de projet.
Résultat des courses : pour pouvoir gagner quelques minutes sur la route, ce sont d’innombrables vies réduites au silence et de nombreux écosystèmes détruits ou morcelés dans le seul but de satisfaire nos déplacements.
Rouler en considérant leur existence, c’est également sécuriser nos trajets.
Une association qui s’engage :
Routes Vivantes, une association créée en février 2026, a pour vocation de réduire la mortalité animale par l’information, la sensibilisation, la formation et la médiation.
Son créateur Baptiste Trény – également président fondateur de Créateur de Forêt, et Amélie Boulay, cofondatrice de l’association, actuelle secrétaire et membre du bureau se sont donnés ces objectifs, car ils révèlent que les chiffres de collisions sont loin d’être anecdotiques et témoignent de l’impact considérable de nos modes de transport et leur contribution à l’effondrement du vivant.
Ils ont pu compter sur la participation de nombreuses personnes pour leurs débuts : plus de 12 000 avaient voter pour le choix de leur logo !
Chaque année, plus de 223 millions d’animaux sont tués sur les routes européennes
En France, cela représente :
– 1,8 million de hérissons écrasés (chiffre SFEPM)
– 37 000 chouettes effraies tuées (chiffre CEREMA)
– 10% de la population estimée de lynx boréal décimée à cause du trafic routier (chiffre FERUS)
La plateforme partage des missions communes à ce projet, c’est pourquoi Comprendre le Vivant soutien le mouvement et est dorénavant adhérant et ambassadeur pour Routes Vivantes, et ce depuis le 2 mars 2026.
Parmi leurs nombreux leviers d’action prévus : prioriser les mobilités douces, les aménagements pour permettre la migration d’espèces sauvages (les écoducs entre autres, mais pas uniquement), développer la signalétique routière, mettre en lumière d’initiatives locales, de collectivités et de chercheurs, etc.

Pour leur toute première action de sensibilisation, ils ont créé l’autocollant « Ouvrons les yeux ».
Une fois apposé sur le pare-brise arrière, il incite les automobilistes à se montrer prudents et à adopter une conduite plus consciencieuse de ce qui les entoure. Plus de 500 personnes l’ont déjà reçu !
Si vous aussi, les collisions vous attristent et vous souhaiterez aller plus loin en leur donnant plus de moyens pour leurs campagnes à venir, vous pouvez adhérer à leur association, et ainsi soutenir ce qu’ils pourront mettre en place au niveau national.
D’ailleurs, ils comptent déjà plus de 160 adhérents. Parmi eux : des naturalistes, des amoureux du vivant, des membres d’associations environnementales, des photographes animaliers, etc, tous répartis dans environ 60 départements.
C’est aussi via cette adhésion qu’il vous est possible d’acheter le sticker !
En revanche, que vous soyez automobilistes, élus, aménageurs, auto-écoles, citoyens… Vous pouvez tous agir gratuitement pour protéger la faune sauvage.
Lever le pied et être vigilant au quotidien, cela ne vous coûte rien et peut sauver des vies.
Sources : Routes Vivantes, FERUS, SFEPM, LPO, France Nature Environnement


