La haie : un rôle crucial

Qu’elles soient champêtres ou bocagères, les haies sont des alliés pour la faune sauvage et la régulation du climat.

Tantôt une séparation aux abords des habitations, tantôt un corridor de biodiversité : elles sont en fait de vrais habitats propices à la vie.

Elles offrent protection, zone de reproduction, gîte et couvert aux petits mammifères, oiseaux, insectes volants et insectes marcheurs, escargots, limaces et araignées.
Même les reptiles et amphibiens apprécient leur présence.

Crédit photo © Unsplash « theskytales » – Femelle merle noir dans un lierre grimpant

Pourvu qu’elles soient bien conçues, les haies, grâce à leur transpiration, créent des zones de fraîcheur, ce qui se révèle être un vrai atout lorsque les températures battent des records pendant la saison estivale.
Face à ces conditions extrêmes, les animaux peuvent parfois avoir besoin de s’y reposer et s’y abriter pour mieux résister à la chaleur.
En zone urbaine comme en zone rurale, elles offrent une solution non négligeable : leur système racinaire réduit les risques d’inondations et l’érosion des sols. Leur feuillage fait office de brise-vent.
Les bosquets et buissons confèrent d’ailleurs les mêmes avantages.

En diminution constante

Crédit photo © Unsplash / Achim Ruhnau – Zones herbagères

Malheureusement, malgré tous ces bénéfices, on constate que plus de 70 % de nos haies et alignements d’arbres ont disparues depuis 1950 en France (soit environ 9 000 km par an) et avec elles disparaissent de nombreuses espèces qui en dépendent.
Imaginez une allée de haies, s’étendant de Paris jusqu’à Séoul coupée chaque année, c’est énorme !
Ce sont des victimes du remembrement et de l’artificialisation.

Si l’on ajoute à cela ces chiffres alarmants, le constat s’alourdit :
Dans les milieux agricoles d’Europe, les espèces d’oiseaux ont chuté de près de 60 % en 40 ans et de 25 % sur tout le continent.
Les populations rurales et européennes d’insectes volants ont connu le même sort, puisqu’on enregistre un déclin allant de 60 à 80 % en 20 ans.

Cette ressource précieuse doit être préservée et pour qu’un meilleur avenir se dessine, notre modèle agricole doit évoluer au profit de meilleures pratiques, moins destructrices, y compris dans notre jardin.
Nombreuses sont les solutions pour reverdir notre environnement local et ainsi redonner de la place à notre patrimoine naturel : remplacer les clôtures artificielles par des plantations, restaurer les bocages, améliorer la gestion des espaces verts.
Mais pour que ces mesures soient efficaces, il est important de choisir parmi plusieurs essences locales, hors conifères, auprès de pépiniéristes labellisés en agroécologie.
Leur gestion intelligente, en privilégiant une taille raisonnée en hiver et en y laissant le bois mort, favorisera un environnement pérenne pour les animaux alentours.
Car même pendant la saison froide, la faune y est de passage.
En effet, pour permettre aux oiseaux de se reproduire paisiblement, il faut à tout prix proscrire le taillage et l’élagage pendant la période de nidification, qui s’étend de début mars à fin août.
Le fait de déranger ou de déloger, en plus d’être interdit par la loi (et oui, même pour les espèces chassables !), peut aller de l’interruption de couvaison à l’abandon des oisillons.

Crédit photo © Pixabay / « stefmobils » – Merle noir juvénile

Comment faire plus ?

Si vous souhaitez agir à plus grande échelle, nombreux sont les chantiers participatifs auxquels vous pouvez participez pour permettre la plantation de haies sur le territoire. Pour plus d’informations, renseignez vous auprès d’associations environnementales locales.

Vous êtes agriculteur ? Il existe le « Pacte en faveur de la haie« , un programme national visant à augmenter le linéaire de haies en France de 50 000 km d’ici à 2030, qui propose également plusieurs aides financières.
Vous pouvez également prétendre, en obtenant la certification « Label Haie » et à conditions de détenir au minimum 6 % de haies par SAU, à une valorisation financière du nom de « Bonus Haie« , un dispositif qui a vu le jour grâce à une réforme de la PAC.