Aussi controversée que soutenue, la chasse et la capture du fait encore débat.
Une pratique jugée comme allant à l’encontre de toute forme d’éthique.
Mais alors pourquoi veut-on réguler ce curieux rongeur ?
Myocastor coypus : animal semi-aquatique appartenant à la famille des rongeurs, il a installé son territoire sur nos contrées, et ce, depuis le XIXe siècle.
Il est d’abord importé d’Amérique latine vers l’Europe et exploité pour sa fourrure, puis, suite à la crise économique de 1929, les élevages ferment.
Nombreux sont alors les individus relâchés dans la nature.
Il s’est si bien acclimaté qu’on le retrouve même dans les villes.

Il s’agit d’une espèce officiellement classée dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes, donc nuisible et invasive.
Également considéré comme « espèce animale non indigène » parmi les Espèces Susceptibles d’Occasioner des Dégâts (ESOD).
En d’autres termes, sa destruction est grandement facilitée par ces listes puisque sa chasse s’étend toute l’année, sans périodes réglementées, car considéré comme présentant un risque sanitaire et un danger pour la faune et la flore.
Tout comme le rat musqué, autre rongeur semi-aquatique importé, il peut être porteur de la leptospirose.
Un plan d’eau, ou même une flaque, souillés par son urine peuvent contaminer animaux sauvages et domestique, l’Homme y compris.
Son mode de vie est différent de celui du Castor d’Europe, en plus de ne pas être de la même famille.
Le castor restaure de nombreuses zones humides riveraines, le myocastor un peu moins.
Les dégâts qu’ils occasionnent à l’environnement et aux cultures sont proportionnels à leur gabarit imposant : près de 100 cm et jusqu’à 10 kg pour les individus les plus imposants.
C’est un herbivore qui se délecte de toutes sorte de végétaux : tubercules, racines, écorces, herbes, branches, plantes aquatiques, et même jeunes arbres.
Les herbiers et nids d’oiseaux situés aux abords des cours d’eau ne résistent pas non plus face à leur puissante mâchoire et à leurs imposantes dents. Les berges, fragilisées par leurs activités, notamment lorsqu’ils confectionnent leur terrier, sont plus sensibles à l’érosion.
Dépourvu de ses prédateurs naturels, rien n’arrête sa prolifération si ce n’est la chasse et le piégeage, sa population n’étant toujours pas estimable, à ce jour, en France.

Mais n’y a-t-il pas de méthodes plus douces pour réguler leur nombre ?
En 2024, la ville de Lyon a voulu montrer qu’une autre approche était possible.
Une autre option qui aurait pu voir le jour grâce à un plan d’action pour la condition animale de 60 mesures, dont un programme de stérilisation.
Une méthode qui n’est pas sans rappeler celle utilisée pour les chats errants.
Une initiative qui avait pour objectif de montrer la voie vers une alternative à l’abattage systématique.
Cette solution présentait un inconvénient, car il aurait fallu les capturer puis les relâcher, or, la loi interdit de les relâcher à cause de leur classification.
Malheureusement, pour une autre raison, l’idée n’a pas pu aboutir.
La préfecture du Rhône n’ayant pas accordé son autorisation, craignant la contamination au moment de la manipulation des ragondins.
L’espoir d’un changement parti en fumée.
Malgré tout, il faut continuer à répertorier et surveiller l’impact des populations sur la biodiversité locale en zones humides et tenter de contenir leur surpopulation de la meilleure manière possible.
Personnellement, je pense qu’il serait judicieux d’instaurer un projet de décret au niveau national pour permettre la capture et le relâchage, dans le cadre d’une identification et stérilisation, et ce, pour toutes les espèces exogènes.

Votre avis
Si vous avez d’autres solutions qui n’ont pas été évoquées dans cet article et qui peuvent être mises en place avec l’aide d’associations, n’hésitez pas à les soumettre !
Sources : eure.gouv.fr, LPO, Reporterre, Choses à Savoir PLANETE


